Une cerise pour couper le jeûne : Hafez Khiyavi

17,00

« Somane a dit qu’elle allait lire dans sa chambre. J’ai demandé : «Qu’est-ce que tu vas lire ? » Elle a dit : «Un truc pour grandes personnes, toi aussi, quand tu seras grand, tu liras ce genre de livre. » Et elle est partie. Elle a quitté ses pantoufles orange et elle est rentrée dans la maison.
Moi, j’étais resté sous le cerisier. J’ai collé mon front à l’écorce de l’arbre. Elle était fendue. J’ai respiré profondément. C’était le matin, elle était froide, l’écorce de l’arbre. J’ai posé mes lèvres dessus. Et j’ai fermé les yeux. L’envie de pleurer m’est revenue. J’ai réussi à me retenir. Je savais bien que ça, au moins, ça n’annulait pas le jeûne. Mais je me suis dit que si on me voyait, c’en serait fini de mon honneur. J’ai regardé, il n’y avait personne. Un vent très léger faisait bouger les branches et les feuilles. Si léger… Pas un vent, non, juste une brise. Le soleil venait à peine de se lever, il caressait les feuillages humides, c’était vraiment très beau. »

Une cerise pour couper le jeûne,  p. 22

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