LSD 67 : Alexandre Mathis

23,50

« La longueur des jupes de Liliane se réduisant à un morceau de tissu laisse penser quand elle entre au Seine, petit bistrot de quartier en haut de la rue de Seine où se troquent beaucoup de choses, qu’elle ne cache rien d’illicite. Particularité de Liliane, une dague cachée dans sa botte gauche. C’est un vrai couteau de combat. Parfois Liliane le glisse dans la botte droite, cela dépend de la paire qu’elle a mise. La lame fait près de quinze centimètres de long. Deux fois la largeur d’une main. La longueur autorisée est inférieure à la largeur de la main. Je l’ai vue, souvent. Une gaine aménagée dans la botte la protège de la lame. Liliane évite de mettre des bottes trop voyantes. Les bottes de Liliane sont le plus souvent en cuir brun, claires.
Les hommes, généralement, lui fichent la paix, quand elle dit non ça ne signifie pas peut-être. Liliane ne mettait pas plus de deux paires de bottes différentes pour ne pas attirer l’attention ni laisser supposer aux condés qu’elle pouvait avoir de l’argent, un peu plus du moins que la majorité de ceux qui composent une étrange faune vivant entre Le Seine, Le Mazet rue Saint-André-des-Arts et La Rotonde, à six ou sept minutes à l’angle de la rue Saint-Jacques. Liliane marche beaucoup, vite… lorsqu’elle enfourche ses bottes de sept lieues… Elle ne touche apparemment pas au cheval et à la morphe. Elle en a pris quelques fois. Elle, c’est les amphètes. Préludine. Maxiton… Marie-jeanne… LSD… Elle dit arrêter la défonce quand elle veut, sans problème. Elle le fait. Peut-être pour se prouver qu’elle en est capable, par plaisir de la transcendance. Il faut deviner qu’elle peut, parfois, être défoncée. Ça ne se voit jamais. »

LSD 67, p. 3-4

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