La Fresque : Éliane Serdan

12,50

« Une lettre est arrivée ce matin. C’est Paolo qui m’écrit. Les nouvelles ne sont pas rassurantes. Tous ceux qui ont participé au complot sont poursuivis. La tête de Luzio vient d’être mise à prix, et rien ne garantit qu’il soit en sécurité à Florence : Ludovico, qui l’avait cru naïvement, vient d’être assassiné par des hommes à la solde de Pandolfo.

Paolo me conseille d’être patient et laisse entendre à demi-mot que quelque chose se prépare. Il me demande de rester pour l’instant à Val d’Ombra et surtout de cacher ma véritable identité. Il insiste pour que je donne au messager le nom que j’aurai choisi, dans une lettre cachetée.

Le messager, qui vient de finir le vin que je lui ai servi, passe d’un pied sur l’autre en regardant le ciel couleur de plomb. Il explique qu’il voudrait bien redescendre avant que la neige ne bloque tous les chemins.

J’écris ce qui me passe par la tête. Gian di Bruno. Voilà. Je m’appellerai Gian di Bruno. C’est un nom qui n’existe pas, et moi-même, je ne suis plus tout à fait sûr d’exister. »

La Fresque, p. 21-22

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