Dieu est une fiction : Alain Nadaud

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« Il est désormais venu le temps d’affirmer sans faiblir la légitimité sereine, pleine et entière de celui qui ne ressent en lui ni manque ni besoin de la présence divine. Pour l’athée, Dieu ne figure ni comme une probabilité, ni comme une intuition, ni et encore moins comme cette évidence qui passe pour être si communément admise. Il s’agit d’ignorer Dieu, d’affirmer tranquillement qu’on peut très bien s’en passer sans que ça fasse un drame. L’athée est le véritable mystique des temps modernes. Il est le tenant d’une spiritualité qui reste encore à inventer. Une spiritualité en quelque sorte désincarnée, débarrassée de tout rapport à un rituel ou à un culte qui le contraigne à quoi que ce soit. Une spiritualité qui n’a pas encore exploré toutes les possibilités que lui conférait sa présence au monde. L’athée s’efforce tant qu’il peut de tenir en lisière sa propension à croire, inhérente à tout être humain. Il cherche à la canaliser et à en détourner les effets dans une spiritualité dont il ne soit plus la dupe. Une spiritualité qui, sans craindre les êtres de fiction qui peuplent l’imaginaire des peuples et parfois aussi le sien, embellisse son quotidien. Libre à lui de leur donner figure par le moyen des arts, mais cela sans pour autant leur attribuer plus de pouvoirs qu’ils n’en ont. Une spiritualité qui sache donc se recentrer sur les activités artistiques, par exemple la littérature et les arts plastiques, l’amour d’une femme ou d’autrui. »

Dieu est une fiction, p 267-268

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