Albert Dunkel, écrivain de génie, tueur en série : Michael Siefener

19,00

« J’ai hésité, je lui ai dit que l’écriture était bien maîtrisée, que l’auteur était tout à fait fondé à utiliser des informations fournies par des gens qui connaissaient le milieu de l’intérieur, mais qu’à mon sens, le concept n’était pas si heureux que ça. Mon Dieu ! qu’est-ce que je n’avais pas dit là ! Il a bondi et s’est mis à vociférer :

– Qu’est-ce que vous comprenez à la littérature, espèce de branleur ! Ce roman, c’est le meilleur livre que vous publierez jamais ! Je vous offre la chance de votre vie, pauvre con !

J’étais abasourdi. J’ai craint qu’il n’en vienne aux mains. Tout à coup, il s’est affaissé et il est retombé sur le sofa. Il a commencé à pleurer ; son corps maigre était secoué de spasmes à chaque sanglot. J’ai eu soudain de la peine pour lui. Par où cet homme était-il passé pour en arriver là ? En fait, il avait raison. J’avais déjà publié des choses moins bonnes. Et puis, je me suis dit que je pourrais peut-être faire une petite campagne de publicité qui me permettrait de vendre un peu. Dans des circonstances normales, un Albert Dunkel ne serait jamais venu se faire éditer chez moi. C’était peut-être vraiment ma chance. J’ai donc dit oui. »

Albert Dunkel, écrivain de génie, tueur en série, p. 185-186

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